Loi Sapin 2 :
obligations anticorruption et mise en conformité

La loi Sapin 2 du 9 décembre 2016 impose aux grandes entreprises la mise en place d’un dispositif complet de lutte anticorruption. Découvrez si vous êtes concerné, les 8 piliers à déployer et les étapes de votre mise en conformité.

Loi Sapin 2 : L'essentiel

  • Promulguée le 9 décembre 2016, la loi Sapin 2 soumet les grandes entreprises à un dispositif anticorruption structuré (obligations applicables depuis le 1er juin 2017).
  • Entreprises concernées : au moins 500 salariés et plus de 100 M€ de CA (critères cumulatifs), filiales et EPIC compris.
  • 8 piliers obligatoires : code de conduite, dispositif d’alerte, cartographie des risques, évaluation des tiers, contrôles comptables, formation, régime disciplinaire, contrôle et évaluation interne.
  • Sanctions : jusqu'à 1 M€ pour l'entreprise et 200 000 € pour les dirigeants, prononcées par la commission des sanctions de l'AFA.
  • Mise en conformité : déploiement des 8 piliers, puis contrôle et actualisation du dispositif. 

Les objectifs de la loi Sapin 2

Prévenir et sanctionner la corruption et le trafic d'influence

Un programme anticorruption structuré est obligatoire, sous peine de sanctions financières et pénales.

Renforcer la transparence économique

Registre des bénéficiaires effectifs, encadrement du lobbying et obligation de déclaration pour les représentants d'intérêts.

Lutter contre la fraude

Procédures de contrôle comptable et d'évaluation des tiers imposées dans les relations commerciales.

Protéger les lanceurs d'alerte

Les articles 6 à 16 garantissent à l'auteur d'un signalement une protection contre les représailles, posant les bases d'un premier cadre légal en France.

À ne pas confondre : deux seuils, deux obligations


  • Programme anticorruption (article 17) : au moins 500 salariés et plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, consolidé pour les groupes (critères cumulatifs).
  • Dispositif d'alerte interne (article 8) : 50 salariés et plus, obligation introduite par la loi Sapin 2, renforcée par la loi Waserman (transposition de la directive européenne 2019/1937). La procédure de signalement peut être mutualisée : entre entités indépendantes de moins de 250 salariés, ou, au sein d'un groupe, au niveau de la société mère (sans condition de seuil).
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FAQ - Vos questions sur la loi Sapin 2

Quelle est la différence entre la loi Sapin 2 et la loi Waserman ?

La loi Sapin 2 (2016) introduit le premier statut du lanceur d'alerte (article 6) et impose un programme anticorruption aux entreprises d’au moins 500 salariés et plus de 100 M€ de chiffre d'affaires.
La loi Waserman (2022) a renforcé la protection des auteurs de signalement en transposant la directive européenne 2019/1937, sans modifier les obligations anticorruption.

Quelles sont les sanctions prévues par la loi Sapin 2 ?

La commission des sanctions de l'AFA peut prononcer une injonction de mise en conformité, des amendes jusqu'à 1 M€ pour l'entreprise et 200 000 € pour les dirigeants, et la publication de sa décision. À distinguer des sanctions pénales en cas de faits avérés de corruption (qui peuvent, elles, entraîner une exclusion des marchés publics).

Quelles entreprises sont concernées par la loi Sapin 2 ?

Toute entreprise employant au moins 500 salariés et réalisant un chiffre d'affaires (ou un chiffre d'affaires consolidé pour les groupes) de plus de 100 millions d'euros (critères cumulatifs). Le périmètre inclut les filiales françaises et étrangères d'une société mère établie en France, ainsi que les EPIC.

La loi Sapin 2 oblige-t-elle à mettre en place un dispositif d'alerte ?

Oui. La loi Sapin 2 impose un dispositif d'alerte interne à deux titres : deuxième pilier du programme anticorruption (article 17, au moins 500 salariés et plus de 100 M€ de CA) et canal de protection des lanceurs d'alerte (article 8, dès 50 salariés).

Qu'est-ce que l'Agence française anticorruption ?

The French Anti-Corruption Agency (AFA) supports companies in reaching compliance, monitors anti-corruption programmes and sanctions breaches through its sanctions committee. Its recommendations form the reference methodology.

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