Loi Waserman : pour une meilleure protection des lanceurs d’alerte en France

Suite à la transposition de la directive européenne sur la protection des lanceurs d’alerte en droit français, découvrez les changements et différences avec la loi Sapin 2 et les nouveaux enjeux pour les entreprises et organisations.

Historique de la loi Waserman

Approbation de la Directive Européenne

Le Parlement européen approuve la Directive sur la protection des lanceurs d’alerte.

Avril 2019

Adoption de la Directive Européenne

La Directive est officiellement adoptée au niveau européen.

Octobre
2019

Entrée en vigueur pour les grandes entreprises

La Directive entre en application pour les organisations de +250 salariés.

Décembre
2021

Adoption de la loi Waserman

La France adopte et promulgue la loi Waserman afin de renforcer la protection des lanceurs d’alerte.

Mars 2022

Entrée en vigueur de la loi Waserman

La loi s’applique à toutes les organisations publiques et privées comptant au moins 50 salariés ou 10 000 habitants.

Septembre 2022

Publication du décret d'application de la loi

Le décret précisant les modalités d’application de la loi Waserman est officiellement publié.

Octobre 2022

Objectifs de la directive

Faciliter les signalements en toute sécurité

Facilitez les signalements en permettant aux lanceurs d’alerte de soumettre leurs rapports via le canal de leur choix, interne ou externe, tout en garantissant leur protection à chaque étape.

Structurer et standardiser les processus

Structurez et harmonisez vos processus pour augmenter le volume de signalements et garantir un traitement cohérent, rigoureux et de qualité.

Renforcer la détection et la prévention des risques

Améliorez la détection des risques et la prévention des infractions au droit de l'UE en offrant un cadre sécurisé, permettant à chacun de s’exprimer sans crainte de représailles.

De la loi Sapin 2 à la loi Waserman : les principaux changements

Définition du statut de lanceur d’alerte

La notion ambiguë de désintéressement est supprimée. La preuve de l’absence de rémunération directe est désormais suffisante pour bénéficier du statut de lanceur d’alerte.

Création du statut de facilitateur

Toute personne ou organisation accompagnant un lanceur d’alerte bénéficie désormais d’une protection. La France est le premier pays européen à reconnaître officiellement le rôle des facilitateurs, qui jouent un rôle clé aux côtés des lanceurs d’alerte.

Suppression de la hiérarchie des canaux de signalement

La hiérarchie stricte des canaux de signalement instaurée par la loi Sapin II est entièrement supprimée. Un lanceur d’alerte peut désormais choisir librement entre un signalement interne, une autorité externe ou une divulgation publique, sans ordre imposé ni justification préalable.

Un meilleur suivi

Le Défenseur des droits publie chaque année un rapport détaillé sur les signalements traités par les autorités indépendantes, mettant en lumière les bonnes pratiques, les tendances émergentes et les secteurs les plus exposés.

Nouvelles sanctions

Toute forme de représailles à l’encontre d’un lanceur d’alerte est désormais considérée comme un délit pénal. Les auteurs encourent jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 60 000 € d’amende.

Une protection renforcée

Le lanceur d’alerte peut bénéficier d’une exonération de responsabilité civile et, dans certains cas, pénale, notamment lorsqu’il accède à des informations protégées pour étayer son signalement. Il peut également, sur décision de justice, obtenir la prise en charge de ses frais de justice ainsi qu’un soutien financier en cas de difficultés économiques.

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Question fréquentes

Quel est le statut juridique du lanceur d’alerte ?

La loi Waserman, en vigueur depuis septembre 2022, redéfinit le statut juridique des lanceurs d’alerte en France. Elle en élargit la définition pour inclure toute personne physique dénonçant, sans contrepartie financière directe et de bonne foi, des infractions menaçant l’intérêt général. Ce statut s’accompagne d’une protection renforcée contre les représailles.

Afin de bénéficier de ce statut, la personne dénonçant l’infraction doit suivre ces 3 étapes :
- effectuer un signalement interne ou externe auprès d’une autorité compétente ;
- s’assurer que les informations divulguées n’ont pas été obtenues de manière illégale ;
- ne pas effectuer de divulgation publique sans signalement externe préalable, sauf en cas de danger grave et imminent.

Le Défenseur des droits joue un rôle crucial en orientant les lanceurs d’alerte vers les autorités appropriées, et en leur offrant un soutien tout au long de leur démarche. Les entreprises de plus de 50 salariés doivent également mettre en place un dispositif interne pour traiter les alertes.

Un exemple concret : un employé peut alerter sur des pratiques illégales dans son entreprise sans crainte de perdre son emploi ou d’être poursuivi, bénéficiant ainsi d’un cadre sécurisé pour ses démarches.

Comment la loi Waserman élargit-elle la définition des personnes protégées (facilitateurs, tiers...) par rapport aux législations précédentes ?

La loi Waserman élargit la définition des personnes protégées pour y inclure non seulement les lanceurs d’alerte eux-mêmes, mais aussi les facilitateurs et les tiers qui collaborent avec eux ou apportent un soutien à leur signalement.

Contrairement aux législations précédentes, cette protection plus étendue prémunit les personnes impliquées dans le soutien aux dénonciateurs, comme les conseillers ou les membres de la famille, contre les représailles et les discriminations.

Quels changements la loi Waserman impose-t-elle en matière de confidentialité et d’anonymat des signalements ?

La loi Waserman impose aux entreprises de garantir la stricte confidentialité des informations concernant les signalements effectués.

Elles doivent mettre en place des systèmes sécurisés permettant aux lanceurs d’alerte de signaler un problème de manière anonyme s’ils le souhaitent. De plus, toute divulgation d’informations relatives à un signalement doit être limitée aux personnes strictement nécessaires à l’enquête, afin de protéger l’identité des dénonciateurs et d’éviter les représailles.

Quels canaux de signalement doivent être mis en place par les entreprises, conformément à la loi Waserman ?

Pour se conformer aux exigences de la loi Waserman, les entreprises doivent mettre en place des canaux de signalement sécurisés et confidentiels permettant aux employés de signaler des actes de corruption, des violations de la loi, ou des comportements contraires à l’éthique.

Il peut s’agir d’une ligne téléphonique dédiée, d’une adresse e-mail spécifique, et/ou d’une plateforme d’alerte professionnelle sécurisée. Les entreprises doivent également garantir que les signalements sont traités de manière impartiale, et que des mesures de protection contre les représailles sont en place pour les lanceurs d’alerte.

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